Title: « Opla en difficulté : l’entreprise de jeux de société face au déficit »

La société Opla propose des jeux de société écoreponsables, respectant l’environnement et produisant 100% en Auvergne-Rhône-Alpes, avec une distribution en circuit court. Cependant, son modèle économique révèle des fragilités. Afin d’y faire face, l’entreprise lance un financement participatif.
L’entreprise Opla, basée à Décines, dans la banlieue lyonnaise, imprime ses cartes à Pusignan. Dans le secteur des jeux de société, moins de 1 % des jeux vendus sont intégralement développés et éco-fabriqués en France. Opla souligne les deux effets vertueux de son modèle économique : l’impact environnemental et la pertinence économique.
Pourtant, ce qui fait la fierté de l’entreprise est aussi sa faiblesse. En difficulté, elle est contrainte de recourir à un financement participatif.
Opla a démarré son aventure en 2011. L’entreprise lyonnaise prône un modèle de jeux développés en Auvergne-Rhône-Alpes, distribué en circuit court et porteur de sens. « Naéco, ça se joue de 2 à 4 joueurs », explique Florent Toscano, fondateur d’Opla et concepteur de certains jeux. C’est un jeu dans lequel on endosse le rôle de scientifiques et on étudie les fonds marins pour observer les espèces qui s’y trouvent. Des jeux pour parler de l’environnement, c’est l’ADN d’Opla.
« L’idée, précise Florent Toscano, c’est que même sur des thèmes sérieux, par exemple dans le jeu « in extremis », il est question de transition énergétique, un thème plombant et là, le parti-pris, c’est d’en faire un jeu simple et amusant ».
Leur modèle économique se veut vertueux, mais aussi fragile. Là où d’autres réalisent des économies en produisant en Chine, OPLA est mise en difficulté.
« Deppuis 2022, bien que les jeux aient plutôt bien marché, on n’a eu aucun best-seller, aucun succès foudroyant. C’est ce qui manque, donc les ventes globales ont baissé. Parallèlement à cela, les coûts de production ont augmenté, cela complique la situation. »
Opla entame une restructuration de l’entreprise, puis envisage de faire appel au don sur un site participatif. Son objectif est d’atteindre les 87 000 euros, déficit de l’exercice 2024.
« Aujourd’hui, nous en sommes à 68 410 euros, donc nous ne sommes plus si loin. Si ça s’arrête là, c’est déjà merveilleux et si on arrive à plus de 87 000 €, c’est plus que merveilleux », estime le fondateur d’Opla.
Ces 68 000 € constituent une bouffée d’oxygène à un mois de la plus grosse échéance de l’année pour l’entreprise. « Pour les jeux de société, c’est surtout à Noël et les trois derniers mois de l’année, qui représentent un pourcentage du chiffre d’affaires, détaille Fabienne Guillot, responsable commerciale de l’entreprise. On croise les doigts, dit-elle en joignant le geste à la parole, on va voir comment se passe Noël, mais on est plus optimistes qu’il y a quelques semaines et mois. »
Pour les distributeurs, la présence de la gamme de jeux Opla est un atout. À Trollune, un magasin dans le 7e arrondissement de Lyon, Nicolas Robert estime que des clients s’interrogent sur les emballages et la provenance des jeux. Cela montre à d’autres fournisseurs de jeux : « Regardez, on les distribue, on peut travailler avec eux, ils y arrivent, donc pourquoi pas vous ? ».
La cagnotte reste ouverte jusqu’au 21 novembre 2025.