L’hepatite C en déshabille : une épidémie silencieuse à combattre
Ce lundi 17 novembre, des dizaines de laboratoires dans les départements de l’Isère, la Haute-Savoie et la Savoie organisent des dépistages contre l’hépatite C, sans rendez-vous ni ordonnance. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce virus qui attaque le foie. Une mobilisation d’envergure contre l’hépatite C. Ce lundi 17 novembre, c’est la journée de dépistage de l’hépatite C dans l’arc alpin. Ainsi, en Isère, Haute-Savoie et Savoie, 141 laboratoires sur les trois départements ouvrent leurs portes pour un dépistage gratuit, sans rendez-vous, sans ordonnance et sans condition de droits de santé. Une journée de sensibilisation organisée par l’association Prométhée Alpes, qui lutte contre les hépatites virales.
L’hépatite C « est une maladie du foie », indique la docteure Marie-Noëlle Hilleret, présidente de l’association. « C’est un virus qui se loge dans le foie et les conséquences, ce sont la cirrhose potentiellement, et le cancer du foie ». L’hépatite C se transmet par le sang, « ce n’est pas une transmission sexuelle », précise Marie-Noëlle Hilleret. Il y a divers moyens de l’attraper : « Ça peut être un épisode d’usage de drogue dans sa vie, même si c’était il y a 30 ans. En particulier l’usage de drogue intranasale. Souvent, on dépiste des gens à la cinquantaine, la soixantaine, qui ont eu un usage très court de produits ». La transmission peut également avoir lieu lors de soins non sécurisés, notamment à l’étranger, « dans des systèmes de santé qui ne sont pas du tout comme le nôtre ».
Cette maladie est une infection souvent silencieuse, sans symptômes qui est pourtant la cause de près de 300 000 personnes à travers le monde, d’après les données de l’OMS pour 2019. « On a éventuellement une fatigue que les gens ont du mal à individualiser », explique Dre. Marie-Noëlle Hilleret. « On n’a pas mal au foie. Quand on a mal au foie, la plupart du temps, c’est la vésicule. Le foie est un organe qui fait peu mal et qui donne peu de symptômes. Donc il peut arriver qu’on ait une maladie sévère sans symptômes ».
Heureusement, cette maladie peut être efficacement traitée : « Aujourd’hui, on a des antiviraux, qu’on appelle des antiviraux directs, qui sont extrêmement efficaces. On a plus de 99 % de chances de guérir avec ces traitements, qui sont en plus de courte durée : 8 à 12 semaines de traitement », assure la présidente de Prométhée Alpes. Des traitements avec moins d’effets secondaires que par le passé, « donc, on a vraiment un moyen efficace de traiter des gens qui seraient dépistés positifs ». Pour l’heure, il n’existe pas actuellement de vaccin efficace contre l’hépatite C.
Face à une maladie silencieuse, Marie-Noëlle Hilleret le rappelle, il est « important d’accéder à un dépistage, au moins une fois dans sa vie ». Une manière de savoir si on a été en contact avec le virus et s’il y a une nécessité de traitement. « Donc, nous, ce qu’on préconise clairement, c’est au moins un dépistage une fois dans sa vie après la trentaine ». En France, l’hépatite C concerne 300 000 personnes.
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