Les éleveurs de charolais ont dû attendre jusqu’à la dernière minute pour pouvoir organiser leur concours annuel à Saint-Gervais d’Auvergne (Puy-de-Dôme). Cependant, les restrictions ont été levées et le concours s’est déroulé. Mais l’attitude du président Macron, qui a soutenu les accords du Mercosur, a causé un malaise.
Au concours de charolais de Saint-Gervais-d’Auvergne, dans le Puy-de-Dôme, au-dessus de chaque bête, figure l’étiquette “vendu”. Elle signifie au moins une chose : le concours s’est bien passé. Ce n’était pas gagné jusqu’au mercredi 2 novembre, les rassemblements d’animaux étaient encore interdits en France en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire. Pour les éleveurs des Combrailles, ce concours sert à vendre. Olivier Blanchard, éleveur de charolaises et coprésident du concours charolais, explique : “Nous ne vendons nos animaux qu’une fois. Les éleveurs ont travaillé toute l’année pour les préparer. On a dû subir l’annulation du National charolais au Sommet de l’élevage donc les animaux sont restés. Le concours de Saint-Gervais est pour les éleveurs une opportunité de montrer leur travail, de vendre leurs animaux. Cela se passe très bien ce week-end”.
Ténébreuse est clairement une grande championne. Lilian Bonnabry, éleveur à Condat-en-Combrailles, l’a particulièrement bichonnée pour ce concours. Comme tout le monde ici, les dernières déclarations du président de la République sur les accords du Mercosur l’inquiètent. L’éleveur insiste : “Il va y avoir énormément de viande qui va être importée sur le territoire. Cette viande est produite dans des conditions totalement différentes des nôtres. On produit à partir d’animaux conduits en pâturage environ six mois de l’année et nourris essentiellement à partir d’aliments produits sur l’exploitation”.
Toutes ces bêtes sont inscrites au Herd Book charolais : ce pedigree assure aussi une traçabilité. Pour tous ces éleveurs, libéraliser les échanges entre l’UE et ces pays d’Amérique latine, c’est ne plus savoir ce qui arrive dans nos assiettes. Sébastien Cluzel, président du Hed Book Charolais et éleveur dans le Puy-de-Dôme, souligne : “On n’est pas contre les échanges à l’international car on exporte énormément d’animaux, notamment en Italie, avec nos broutards, qui sont de jeunes mâles. On demande juste qu’il y ait une réciprocité des normes. On va importer de la viande des pays d’Amérique du Sud qui ne respecte absolument pas les standards d’ici”.
Face au tollé que ses déclarations ont causé, le président, sans revenir sur ces propos, dit rester vigilant. Les éleveurs le seront aussi visiblement.
Article réalisé à partir du reportage de Richard Beaune et Bruno Livertoux / France 3 Auvergne