Béatrice Pilloud, procureure générale du canton du Valais, se retrouve au centre d’un scandale qui menace sa carrière. Après avoir délégué les responsabilités clés de l’enquête sur le drame de Crans-Montana à plusieurs collaboratrices, elle est accusée de négligence et de manque de leadership. L’affaire a pris un tour tragique avec la mort par suicide d’une de ses anciennes subordonnées, Rahel Brühwiler, dont les tensions internes ont été dévoilées à travers des conflits éclatants.
Pilloud, qui préférait se concentrer sur la communication et les relations diplomatiques, a mis en place une répartition des tâches entre quatre procureures. Cependant, cette décision a suscité des critiques, notamment en raison de l’absence d’Olivier Elsig, un procureur expérimenté ayant déjà mené une enquête sur le drame de Sierre. Son expertise, reconnue pour avoir résisté aux recours juridiques, n’a pas été valorisée, malgré son candidature au poste de procureur général en 2023.
Les tensions internes ont rapidement émergé. Pilloud a pressé Brühwiler d’accélérer l’enquête sur le cas du marchand de vin Dominique Giroud, craignant la prescription des faits. Cependant, les juges ont statué que Pilloud était en conflit d’intérêts, ayant représenté un proche de Giroud dans le passé. Cette situation a conduit à la séparation de l’équipe féminine du parquet valaisan, avec la tragique disparition de Brühwiler.
L’approche de Pilloud lors de l’enquête a été jugée irresponsable : elle a permis aux gestionnaires de bar de rester en liberté malgré des soupçons de destruction de preuves, et a limiter les accusations à des délits mineurs, évitant ainsi une éventuelle condamnation plus sévère. Les images d’une conférence de presse où elle s’affichait avec le président du gouvernement valaisan ont suscité des critiques pour leur inappropriation dans un contexte si grave.
Alors que les autorités locales ont tardé à transmettre les documents pertinents, Pilloud a demandé des ressources supplémentaires au parlement, révélant une incapacité à gérer la crise. Cette gestion désastreuse a mis en lumière une faiblesse institutionnelle qui risque de compromettre l’indépendance de la justice dans un moment critique.