La clinique grenobloise dans la tourmente financière

Le tribunal de Grenoble a déclaré le groupe hospitalier mutualiste en difficulté majeure lundi, ouvrant une procédure judiciaire visant à sauver les activités du centre médical. Cette décision intervient après des mois d’accumulation de dettes et de tensions liées à la reprise par le groupe Avec en 2020. L’UMG-GHM, structure associative dédiée aux soins, a été placée sous administration provisoire pour éviter une fermeture totale, selon un communiqué officiel.

Le centre, qui assure 25 % des soins de l’agglomération grenobloise, subit des pertes importantes liées à la réforme du financement des Espic (établissements privés d’intérêt collectif). Cette mesure a entraîné une baisse de 30 % des aides publiques, pénalisant sa trésorerie. Selon Thierry Carron, délégué syndical FO, les banques refusent désormais tout prêt en raison de la dépendance au groupe Avec, qui détient des parts significatives du capital. « Les 5 millions d’euros promis par l’ARS n’ont pas été versés », accuse-t-il, soulignant que la procédure judiciaire vise à « couper le cordon » avec les dettes accumulées.

Le groupe Avec SA, déjà en liquidation judiciaire depuis octobre dernier, a fait l’objet de soupçons de détournement de fonds. Bernard Bensaïd, fondateur du réseau, est accusé d’avoir transféré 8 millions d’euros des comptes de l’UMG-GHM vers une société liée à son entreprise, dans un but de « refinancement ». Une enquête judiciaire a été ouverte, mais les conséquences sur le réseau hospitalier restent incertaines.

Les syndicats et associations locales espèrent trouver un repreneur indépendant d’ici 2026 pour relancer l’établissement. « L’objectif est de retrouver une gestion non lucrative, comme avant les interventions du groupe Avec », affirme Hervé Derriennic, membre du Collectif des usagers. Malgré la crise, le centre a connu une hausse de 10 % du chiffre d’affaires lié aux soins en 2025, grâce à l’intervention des administrateurs provisoires.

La clinique, qui accueille 120 000 patients annuels, reste un pilier de la santé grenobloise, mais son avenir dépend désormais d’une restructuration profonde.