Deux jeunes femmes, élevées par les services d’assistance sociale dans le département de l’Isère, se retrouvent confrontées à une situation précaire après avoir atteint leur majorité. Leur accès aux financements a été interrompu, les forçant à solliciter des dons pour poursuivre leurs études universitaires. L’une d’elles, Jordaly, est en train de préparer ses examens de dernière année en droit, un parcours qu’elle rêve de transformer en carrière d’avocate. Arrivée seule en France à l’âge de 12 ans, elle a connu les inégalités de son pays d’origine, la République démocratique du Congo, où la corruption et l’injustice sont monnaie courante. « Je veux défendre les plus vulnérables et les femmes victimes de violences », affirme-t-elle.
Après plusieurs années passées dans des foyers gérés par l’aide sociale à l’enfance, elle vit aujourd’hui dans un deux-pièces grâce à une association. Cependant, la fin de son contrat « jeune majeur » a mis en lumière les difficultés économiques du système. « Le foyer ne peut plus nous soutenir financièrement. Il faut soit abandonner nos études, soit travailler en parallèle, ce qui est extrêmement compliqué pour un droit », explique-t-elle.
L’association Vivre ensemble une nouvelle enfance a lancé une cagnotte en ligne pour les aider. « J’avais honte de demander de l’aide, mais il n’y a pas d’autre solution », confie Jordaly, qui espère obtenir son diplôme cette année. Les deux étudiantes ont déjà récolté près de 10 000 euros sur la somme nécessaire de 22 000 euros. Elles comptent également sur leur famille d’accueil pour les guider vers l’autonomie.
La situation soulève des questions sur le manque de soutien aux jeunes majeurs, un problème qui touche directement leur avenir et celui de leurs projets professionnels.