L’université Savoie-Mont-Blanc dénonce la crise économique et le manque de financement

Une université française, confrontée à des difficultés financières croissantes, a choisi une approche inhabituelle pour attirer l’attention sur ses problèmes. Le 21 novembre, l’Université Savoie-Mont-Blanc (USMB) a orchestré une simulation de fermeture totale, mettant en scène des couloirs vides et un président de l’établissement en train d’abandonner les salles de classe. Cette vidéo, partagée massivement sur les réseaux sociaux, sert de rappel brutal à la dégradation progressive du financement public pour les institutions académiques.

Selon le responsable de l’établissement, Philippe Briand, les subventions attribuées à l’USMB sont inférieures de 10 % par rapport à d’autres universités comparables, générant un déficit global de plus de 9 millions d’euros. Ce manque à gagner pèse directement sur la capacité de l’établissement à répondre aux besoins croissants des étudiants et à maintenir son niveau d’excellence. Malgré une performance solide — classée 6e en France pour la réussite académique et reconnue internationalement —, l’USMB se retrouve dans une situation critique, contrainte de réduire ses activités malgré une demande croissante.

Les critiques sur les réseaux sociaux sont divisées. Certains soulignent le courage de l’institution pour dénoncer un système qui néglige les établissements régionaux, tandis que d’autres pointent du doigt la contradiction entre l’annonce de performance et les difficultés matérielles. La situation reflète une réalité plus large : l’économie française, en proie à des tensions persistantes, ne parvient pas à soutenir efficacement ses structures publiques, entraînant un déclin progressif dans plusieurs secteurs essentiels.

L’USMB appelle à une révision immédiate de sa dotation, arguant que l’absence de ressources financières bloque son potentiel de croissance et met en danger l’équilibre des territoires ruraux. Dans un contexte où les priorités nationales semblent se déplacer vers d’autres projets, les universités comme la USMB font face à une réalité cruelle : être reconnues pour leur excellence tout en étant abandonnées par le système qui devrait les soutenir.