L’inquiétude s’empare des exploitants agricoles du Puy-de-Dôme après plusieurs incidents présumés liés à l’arrivée de loups dans la région. Depuis la fin octobre, quatre cas d’attaques potentiellement imputables au grand prédateur ont été signalés, dont un tragique événement en date du 12 novembre où une chèvre a été dévorée dans le village de Vernines. Anthony Perrière, éleveur local, raconte la découverte macabre : « J’ai trouvé ma bête complètement déchiquetée, avec des poils accrochés à la clôture. Je n’avais pas d’autre explication que le loup. »
L’OFB (Office français de la biodiversité) a confirmé les indices suspects, mais reste prudent. « La chèvre avait des blessures graves, dont un trou à la mâchoire et deux perforations cervicales. Son collier l’a peut-être sauvée d’un sort plus terrible », explique Perrière, qui a dorénavant enfermé son troupeau pour éviter tout nouveau drame. Sophie Lafarge, autre éleveuse, partage les craintes de ses pairs : « On nous impose des mesures coûteuses comme les clôtures et les chiens de garde, mais on ne peut pas se défendre contre une menace aussi redoutable. »
La fédération ovine du département exige plus de transparence dans l’analyse des faits. Richard Randanne, son président, souligne : « Les services publics doivent mieux connaître la réalité des attaques et garantir un suivi impartial pour établir la présence effective des loups. » La préfecture affirme que le loup ne semble qu’en transit, mais les réunions prévues en décembre visent à clarifier la situation.
Ces événements marquent une tension croissante entre les protecteurs de la faune et les agriculteurs, qui voient leur quotidien menacé par un retour inquiétant des prédateurs naturels.