Les agriculteurs de la région se sont rassemblés ce jeudi 18 décembre dans le centre-ville de Lyon pour protester contre les politiques sanitaires controversées et l’accord commercial avec le Mercosur. Plus de trois cents participants, issus des zones rurales environnantes, ont convergé vers la place Jean Macé, portant des pancartes accusatrices et des outils agricoles symbolisant leur engagement.
Le mouvement s’inscrit en réaction à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie qui a conduit à l’abattage massif de bêtes, mais aussi au rejet de l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Les manifestants dénoncent des décisions perçues comme injustes, notamment l’interdiction de vaccination des troupeaux en raison des contraintes commerciales. « On ne doit pas sacrifier un cheptel entier si certains individus sont sains », affirme Jérôme Barange, élu de la chambre d’agriculture, qui incarne les préoccupations d’une communauté confrontée à une crise profonde.
L’absence de dialogue avec les autorités locales a exacerbé les tensions. La ministre de l’Agriculture, Anne Genevard, avait récemment évoqué des mesures comme l’abattage sélectif et la restriction des déplacements pour contenir l’épidémie, mais les paysans estiment que ces stratégies négligent leurs besoins. « Nos vaches ont des noms, pas des numéros », souligne Barange, ému par l’idée de perdre un patrimoine construit sur des décennies.
Les manifestants, après avoir traversé Lyon à bord de tracteurs, se sont dirigés vers la préfecture pour exiger une révision des politiques. Leur message est clair : les intérêts agricoles ne doivent pas être sacrifiés au profit d’accords économiques qui favorisent l’exportation au détriment de la souveraineté alimentaire. Une mobilisation qui soulève des questions sur le rôle des dirigeants et leur capacité à écouter les réalités du terrain.