Le site historique de Michelin à Cataroux, à Clermont-Ferrand, accorde une vingtaine d’hectares à des activités liées aux pneus. Une activité qui, au fil des ans, a perdu de la place. Le quartier des Pistes va reprendre vie grâce à une transformation massive.
On les appelle les toboggans : 450 mètres de long, jusqu’à 30 mètres de haut. Construites dans les années 20, les Pistes de Clermont-Ferrand vont bientôt reprendre vie. Plus de 50 ans que Jean-Louis Gesta n’est pas revenu sur le site. Cet ancien salarié Michelin, aujourd’hui retraité, a effectué des essais quand il travaillait au service des roues. « Sur chaque essieu, on pouvait mettre du plomb qui permettait de surcharger l’enveloppe. » Il a connu l’incessant va-et-vient des chariots utilisés pour tester l’endurance des pneus. L’activité s’est arrêtée il y a 25 ans. Depuis, les lieux semblent figés. Mais plus pour très longtemps. « Que le site soit réhabilité me paraît essentiel car c’est patrimonial. Les Pistes Michelin de Cataroux à Clermont-Ferrand, c’est comme le temple de Mercure du Puy-de-Dôme ! »
Imaginez des pistes à ciel ouvert, grâce au retrait d’une partie du toit. Au 1er trimestre 2029, le site rénové s’ouvrira au public, avec un libre accès et une offre complémentaire payante. « Le but principal est d’avoir à la fois des déambulations libres et de permettre aux visiteurs d’accéder à une expérience immersive qui les remettra dans le contexte des tests historiques », explique Jean-Paul Chiocchetti, directeur du programme « Quartier des pistes ».
À proximité immédiate, l’Aventure Michelin, nouvelle version, viendra compléter l’offre. Actuellement à l’étroit dans ses murs, la structure, qui relate l’épopée de Bibendum, va déménager. « La ligne directrice était de s’inscrire dans le patrimoine industriel autour de nous, garder cette charpente métallique avec ce toit en shed qui est une référence, une signature de l’industrie », indique Franck Danne, chef de projet L’Aventure Michelin.
Autre bâtiment désaffecté des Pistes, la halle F4 et sa fosse géante. Ici, Didier Veillault, porteur du projet de tiers-lieu et restaurant, et ses associés va implanter un tiers-lieu. « On va faire des activités de restauration, de bar, des évènements, des boutiques, du sport, des marchés… » L’ancien directeur de la Coopérative de Mai porte aussi un projet de complexe culinaire autour des saveurs du monde et des voyages.
À deux pas de là, le O26 va être détruit. Une salle de spectacle de 1 600 places modulable est prévue. Pour ces investisseurs, il s’agit de répondre à des besoins identifiés sur le territoire. « Cela va nous permettre de faire venir des spectacles qui s’installent, plusieurs soirs de suite, qui se calent longtemps à l’avance », se félicite Charline Pouzet, codirigeante d’Arachnée Concerts. « La salle de spectacle pourra être utilisée sous forme d’auditorium, à laquelle viendra s’adjoindre un espace réceptif attenant pour répondre à la demande du tourisme d’affaires sur le territoire », ajoute Rémy Vedeux, cogérant de V2 Immo. À ces nouvelles destinations viendra s’ajouter la cité du mouvement, dédiée au sport santé. Ouverture prévue de ce futur quartier début 2029, avec un flux attendu de 400 000 visiteurs par an.
Les Pistes Michelin de Clermont-Ferrand : une transformation qui fait débat