À Grenoble, entre les rues Polotti et Diderot, un terrain privé abrite depuis de nombreuses années un squat où vivent, dans des cabanons de fortune, une trentaine de personnes. Les propriétaires des immeubles adjacents dénoncent des nuisances sonores et olfactives. « Ça devient insupportable, je suis aujourd’hui en dépression, je ne me sens pas bien ». La colère monte chez les habitants du quartier Bouchayer-Viallet. Depuis neuf ans, entre les rues Polotti et Diderot, des personnes (dont des familles avec enfants) ont investi des terrains privés en contrebas de leur immeuble et y ont installé des abris de fortune. Pour les habitants, les nuisances sonores et olfactives deviennent invivables. « Ça fait dix ans qu’on subit. J’ai acheté il y a dix ans, à ce moment-là, il y avait un petit squat qui est parti au bout d’un an. Puis ils sont revenus », témoigne une habitante dont l’appartement donne directement sur le squat. » Ils traînent dans la rue jusqu’à 1 heure du matin, ils font des barbecues été comme hiver, des fumées toxiques rentrent dans nos appartements. On ne profite pas de notre cour à cause d’eux », déplore-t-elle. « Ça a pris feu il y a quelques mois et il y a un vrai risque de sinistre », assure un propriétaire, qui a acheté il y a six ans, dans le but de réhabiliter des logements et les louer à des professionnels : » On avait pour but de faire un gros projet pour loger des sociétés. À l’époque, l’environnement n’était déjà pas terrible, mais la Ville de Grenoble s’était engagée à traiter ce sujet-là pour qu’on puisse développer correctement notre activité et que nos locataires soient bien », explique-t-il. Malgré les courriers et les plaintes faites auprès des collectivités et des autorités locales, les nuisances continuent. » Il y a eu des démarches entreprises vis-à-vis de la Métropole, on a même écrit au préfet », assure le propriétaire. » Quand on appelle la police municipale, on nous dit qu’ils ne se déplacent pas pour les nuisances sonores. La police nationale n’intervient pas parce qu’elle est débordée. […] On aimerait être entendus et on aimerait qu’ils partent ». Contactée, la mairie de Grenoble rappelle que le terrain sur lequel sont installés les squatteurs est » une propriété privée » : » La parcelle étant en indivision, les échanges sont particulièrement complexes pour mettre fin à cette occupation. L’entretien et la sécurisation des lieux relèvent en effet des obligations des propriétaires ». La préfecture de l’Isère indique quant à elle que » s’agissant d’un terrain privé, il appartient en premier lieu aux propriétaires de déposer plainte et de saisir le juge pour obtenir une décision d’expulsion ». » C’est à partir d’une décision de justice ou d’un arrêté basé sur le pouvoir de police générale du maire, que le préfet peut accorder le concours de la force publique pour procéder à l’évacuation. Or à ce jour, aucun des propriétaires n’a saisi le juge pour obtenir une telle décision », expliquent les services de l’Etat qui se disent pleinement mobilisés et attentifs à cette situation.
Les habitants déclarent la guerre à un squat en permanence, des nuisances sonores et olfactives invivables