Plus de 190 restaurants ont fermé leurs portes depuis un an dans le Puy-de-Dôme. La situation est catastrophique, notamment à Clermont-Ferrand. Les restaurateurs s’inquiètent de cette situation et ne savent pas comment elle va évoluer.
Depuis plus de 20 ans, Daniel Roblet est inquiet pour son établissement. Selon les mois, il peut perdre entre 15 et 18 % de chiffre d’affaires. « Le début des problèmes a été avec le Covid. Comme tout le monde, on a souffert pendant deux ans. On se remettait du Covid, on commençait à retrouver nos clients, ils revenaient gentiment. Et là, patatras ! Les travaux dans la ville ont commencé. À partir de ce moment-là, tous nos clients extérieurs, on ne les a pas revus. »
Début novembre, 47 établissements sont en redressement judiciaire, 195 ont même dû fermer leurs portes depuis un an dans le Puy-de-Dôme et les restaurants traditionnels sont en première ligne. « La matière première est devenue un sujet plus que considérable. Les marges sont en train de se réduire. Si vous achetez plus cher, vous ne pouvez pas répercuter en permanence ces augmentations. Les marges s’étiolent et dans le temps, les établissements se trouvent dans une souffrance silencieuse », regrette Grégory Faverdin, président de l’UMIH 63 (Union des métiers et industriels de l’hôtellerie-restauration.
Il y a des fermetures mais il y a aussi des ouvertures d’établissements. Depuis un mois et demi, de nouveaux locataires ont investi la brasserie de la Comédie. Les débuts sont prometteurs, même s’il faut rester prudent, alerte Emmanuel Noguera, restaurateur : « J’ai une autre activité plus petite, plus intimiste. Même là-bas, où j’ai bonne presse, où je suis dans les guides, j’ai du mal à faire venir les clients. Quand on se lance en restauration aujourd’hui, il faut bien réfléchir, car on se rend bien compte que ça travaille moins, les gens sont plus frileux, l’offre tire sur le prix et moins sur la qualité… » Depuis un an, les défaillances d’entreprises ont augmenté de plus de 30 % dans le département.