Une vingtaine d’agriculteurs se rassemble à Voreppe (Isère) ce mercredi 17 décembre pour dénoncer les mesures prises par les autorités face à la dermatose nodulaire bovine. Leur colère est dirigée contre l’abattage systématique des troupeaux infectés, une pratique qui selon eux aggrave les difficultés économiques de l’ensemble du secteur agricole. La circulation routière est perturbée mais pas totalement paralysée, avec un ralentissement d’environ un kilomètre sur les axes principaux.
Chloé, salariée dans un élevage de brebis, a fait le déplacement depuis le sud de l’Isère pour exprimer sa désapprobation. « On n’est pas des experts en épidémies, mais la gestion actuelle nous laisse sans voix », affirme-t-elle, les yeux fixés sur un panneau noir portant le mot « NON ». Ce slogan résume l’indignation de nombreux paysans, qui jugent inadmissible l’élimination totale des animaux, même sains, dès la détection d’un cas.
La Confédération paysanne et la Coordination rurale, malgré leurs différences idéologiques, unissent leurs forces pour exiger une alternative : le vaccin, dont l’accès reste limité à 750 000 bovins. Maud Charat, membre du conseil d’administration de la Confédération paysanne, souligne que « la vaccination ne suffit pas » et appelle à un changement de stratégie sanitaire.
Lors des discussions sur le rond-point, les préoccupations économiques dominent. Tom, 17 ans, évoque son rêve d’exploiter une ferme, mais déclare : « Je ne sais pas si je pourrai vivre de ça. » Sébastien, agriculteur de 24 ans, explique que son exploitation familiale, qui cultive des céréales et élève des bovins, ne génère qu’un revenu modeste, insuffisant pour couvrir les dépenses courantes. « On survit à l’arraché », confie-t-il, avant d’ajouter : « C’est une situation intenable. »
Les participants soulignent que leur mobilisation dépasse la question de la maladie. Ils dénoncent un système qui accable les petits exploitants, en proie à des coûts croissants et des marges toujours plus étroites. Thibaud, ouvrier agricole, insiste : « On ne parle pas seulement du bétail, mais de l’avenir de l’agriculture française. »
Malgré les embouteillages causés par la manifestation, une partie des automobilistes soutient le mouvement, klaxonnant ou distribuant des tracts. Les paysans resteront sur place jusqu’à la fin de la journée, avant de laisser derrière eux une vache symbolique en paille. Leur message est clair : sans un soutien concret, l’agriculture française risque de sombrer dans le chaos.