L’exploitant dénonce un « gaspillage d’argent public »
Le conseil départemental de la Haute-Savoie a mis un terme ce lundi à la convention de concession qui le liait à la Compagnie du Mont-Blanc, exploitant le tramway du même nom depuis cinq ans. Une décision inattendue et incompréhensible, selon l’exploitant.
Que va-t-il advenir du tramway du Mont-Blanc ? Le divorce semble consommé entre son propriétaire, le conseil départemental de la Haute-Savoie, et son exploitant privé, la Compagnie du Mont-Blanc. Il y a quelques semaines encore, les deux parties inauguraient main dans la main les travaux du train à crémaillère le plus haut de France.
Depuis, leurs relations se sont ternies. A l’origine de la dissension : la décision du Département de rompre, ce lundi 3 novembre en séance publique, le contrat de concession signé en 2020. La collectivité invoque notamment des travaux et des investissements plus importants que prévu dans le contrat ainsi qu’un déséquilibre financier.
« Le délégataire ne découvre pas la difficulté, ça fait plusieurs mois que nous sommes en réunion et nous butons devant ce constat que l’on dépasse les plafonds d’investissement initialement prévus par le Département. Ça fait plus de six mois que nous sommes en réunion ensemble, on a tourné (le problème) dans tous les sens », assure Martial Saddier, président (LR) du conseil départemental de la Haute-Savoie.
L’élu affirme avoir refusé de mettre la main au pot, invoquant « l’intérêt général » et des sommes trop éloignées du contrat. » On n’avait malheureusement pas d’autre choix que de remettre à plat le contrat , estime-t-il. On verra quelle sera la suite à donner. L’important, c’est que le Département a la volonté de faire fonctionner le tramway du Mont-Blanc. »
L’an dernier, le Département a déjà repris la gestion du train du Montenvers à Chamonix dès la fin de la délégation de service public, mettant fin à plus d’un siècle d’exploitation privée. Cette fois, c’est par voie de presse que l’exploitant et la vingtaine de salariés du tramway du Mont-Blanc ont appris la rupture du contrat, dix ans avant l’échéance.
Une pratique jugée irrespectueuse par la Compagnie du Mont-Blanc, entre colère et incompréhension. » J’ai été pris de court . (…) Il ne peut y avoir que des raisons qui m’échappent , politiques », regrette le président de la Compagnie du Mont-Blanc, Mathieu Dechavanne, pointant une décision » qui va coûter cher au Département « .
» On a signé un contrat , on met fin à ce contrat de façon brutale , unilatérale. On doit nous indemniser un manque à gagner qui est de plusieurs millions d’euros , expose-t-il. C’est plusieurs millions d’euros d’argent public qui vont devoir nous être versés , qui n’avaient pas besoin de nous être versés si on continuait le contrat . Comme je ne comprends pas pourquoi on met fin à ce contrat , je considère que c’est une forme de gaspillage d’argent public. »
Le Département va maintenant devoir voter pour un nouveau mode de gestion , publique ou privée. La procédure est en cours au sein du conseil départemental pour évaluer la meilleure solution. Quoi qu’il arrive , le train à crémaillère le plus haut de France ne sera plus exploité par la Compagnie du Mont-Blanc à partir de mai 2026.