L’Université de Lyon 3 condamne les messages antisémites

L’Université de Lyon 3 a dénoncé des messages antisémites, en particulier dans les groupes d’étudiants. L’établissement a saisi la justice suite à des signalements d’associations étudiantes. Le 24 octobre, une étudiante a envoyé une capture d’écran montrant un message « À mort les juifs » dans un groupe de « promo ». Les associations UEJF et UNI ont dénoncé cette situation, exigeant des mesures immenses. L’université a saisi la justice dès qu’elle a eu connaissance des faits, selon un message sur LinkedIn.

« On était assez contents de voir que l’université a très vite pris le sujet au sérieux en engageant une instruction et également en faisant une communication auprès de la communauté universitaire dans son ensemble pour dénoncer ces propos et sensibiliser sur la question de l’antisémitisme », se félicite Loïs Turpin, président de l’antenne lyonnaise de l’UNI.

Puis le 31 octobre, les associations ont reçu une nouvelle capture d’écran montrant un sondage posté sur un groupe d’étudiants en droit à Lyon 3, demandant « qui aime les juifs ». Toutes les réponses proposées, dont « pas moi, j’leurs tire dessus », sont négatives. L’UEJF et l’UNI ont transmis ces messages aux instances universitaires. « On a communiqué globalement sur les deux affaires, hier, sur nos réseaux sociaux », indique Loïs Turpin.

Propos antisémites dans les groupes étudiants de Lyon 3. L’UNI Lyon condamne fermement ces dérives indignes de l’université et appelle les instances à prendre des sanctions fermes à l’encontre des coupables. L’antisémitisme n’a pas sa place dans nos amphis.

Dans un message envoyé à ses étudiants 3 novembre, et partagé ce mercredi, la direction de l’université « condamne avec la plus grande fermeté toute forme de racisme, d’antisémitisme, d’homophobie ». Le président de Lyon 3 Gilles Bonnet rappelle que ces agissements sont des « délits susceptibles d’entraîner des condamnations pénales » et précise avoir saisi la justice « à plusieurs reprises ces derniers mois » après des propos de nature « raciste, antisémite ou discriminatoire ». « Les universités observent un développement inquiétant des dérives liées aux usages de groupes numériques constitués au sein de la communauté des étudiants », note-t-il en déplorant que son établissement « n’échappe pas à ce mouvement général ».

Les personnes à l’origine des messages antisémites n’ont pas encore été sanctionnées car elles ont diffusé ces propos sous couvert de pseudonymes avec des photos de profil qui ne permettent pas de les identifier. Néanmoins, l’UNI a réussi à identifier des étudiants qui avaient voté sur le sondage. « On a transmis ces informations en début d’après-midi aux instances et elles prendront les mesures nécessaires, en sachant que nous à l’UNI Lyon, on a des élus dans les commissions disciplinaires de l’université, donc on va suivre these dossiers avec attention », explique Loïs Turpin.

L’association étudiante ne cache pas son inquiétude concernant la montée de l’antisémitisme au sein de l’université Lyon 3. « Depuis le début de l’année, on a vraiment très régulièrement des étudiants juifs qui viennent nous voir dans nos locaux, qui nous contactent sur les réseaux sociaux pour nous faire part de faits d’antisémitisme vécus à l’université », raconte le président de l’antenne lyonnaise de l’UNI. « Avec la « surmobilisation » de l’extrême gauche étudiante autour de la cause palestinienne, on a des étudiants qui se permettent de se lâcher et de tenir des atrocités antisémites, parfois sous couvert de défense de la cause palestinienne, mais en réalité on sent qu’il y a vraiment un problème avec les étudiants juifs et que l’antisémitisme est en train de se banaliser », déplore-t-il. « Ces deux histoires nous ont permis de faire remonter ces questions avec des preuves tangibles et formelles ». L’UNI Lyon a prévu de faire une campagne de sensibilisation via des tractages ces prochains jours au sein de l’université.