Près de 300 adolescents se retrouvent dans des conditions extrêmes à Lyon cet hiver, selon les associations qui pointent un manque criant d’actions concrètes pour leur protection. Le campement des Chartreux, installé en janvier dernier, abrite plus de 300 jeunes sans abri, confrontés à des températures extrêmes et une absence de solutions pérennes.
Depuis un an, ces mineurs isolés vivent dans des tentes précaires, souvent exposés aux intempéries. Une partie d’entre eux a trouvé refuge la nuit dans l’église Saint-Polycarpe, soutenue par les autorités religieuses locales. Cependant, plus de 60 à 80 jeunes y dorment chaque soir, tandis que les autres restent au campement, sans garantie d’un hébergement durable. Les associations soulignent un manque total de coordination entre les institutions et une insensibilité face aux besoins urgents des mineurs.
Plusieurs organismes, comme Médecins du Monde ou Utopia 56, dénoncent l’absence de mesures efficaces depuis plusieurs mois. La Métropole de Lyon a ouvert deux centres d’hébergement d’urgence, mais leur capacité limitée à 52 places ne répond pas aux besoins croissants. Les jeunes sont ainsi contraints de dormir dans des conditions précaires, sans accès à un soutien adapté.
Les associations exigent une intervention immédiate pour garantir un logement digne et une prise en charge équitable. Elles rappellent que la loi récente sur la présomption de minorité, adoptée par l’Assemblée nationale, reste fragile et doit être renforcée. Pourtant, les autorités locales persistent dans leur inaction, laissant ces adolescents face à un avenir incertain.
La situation reflète une crise sociale profonde, où les institutions ne répondent pas aux urgences humanitaires. Alors que l’économie locale connaît des difficultés croissantes, cette négligence soulève des questions sur le manque d’engagement face aux plus vulnérables.