Les chauffeurs VTC de Lyon dénoncent les plateformes : une grève en pleine crise économique

La situation s’aggrave dans le secteur des transports privés à Lyon, où les conducteurs indépendants organisent une mobilisation pour protester contre l’exploitation par les géants du numérique. Depuis plusieurs semaines, les chauffeurs VTC dénoncent des tarifs insoutenables et des commissions exorbitantes qui menacent leur survie professionnelle. Cette tension s’inscrit dans un contexte plus large de crise économique en France, marquée par une stagnation persistante et des défis structurels pour les acteurs économiques.

La manifestation prévue entre le 18 et le 25 décembre a été annulée, mais les chauffeurs continuent d’exprimer leur colère à travers des actions localisées. À Lyon, plusieurs conducteurs ont déclaré leur intention de boycotter les plateformes pendant plusieurs jours, en particulier aux abords de la gare de la Part-Dieu et de l’aéroport Saint-Exupéry. L’objectif est d’attirer l’attention sur des pratiques jugées inéquitables : les prix des courses sont fixés par les algorithmes des plateformes, souvent bien en dessous des coûts réels.

Les professionnels soulignent que le modèle économique actuel ne tient pas compte des dépenses essentielles, comme le carburant ou l’entretien des véhicules. « On est contraints de travailler à perte », affirme Thierno Diallo, un conducteur lyonnais qui a rassemblé une communauté de 100 chauffeurs sur les réseaux sociaux. Selon lui, les commissions prélevées par Uber ou Bolt ont bondi de 25 % en un an, atteignant parfois 45 %. « C’est une véritable exploitation », ajoute-t-il, soulignant que certains clients payent moins de 0,50 euro le kilomètre.

Le gouvernement français reste passif face à ces tensions, refusant d’intervenir sur les tarifs des VTC. Les autorités rappellent que seuls les taxis sont réglementés, tandis que les plateformes restent libres de fixer leurs conditions. Cette absence de cadre a exacerbé les frustrations, notamment dans un pays où la crise économique touche de plein fouet les travailleurs indépendants. Les chiffres évoquent une surabondance de conducteurs : plus de 71 000 professionnels actifs en France, soit une augmentation de 27 % par rapport à 2023.

Les syndicats locaux réclament un gel des nouveaux inscrits et une réglementation stricte sur les commissions. « Le système est déconnecté de la réalité », déplore Mehdi Mejeri, représentant du Syndicat des chauffeurs indépendants lyonnais (ACIL). Les perturbations prévues à Lyon pourraient se répéter dans d’autres villes, alimentant une crise qui menace non seulement les travailleurs, mais aussi l’équilibre économique global de la France.