La dernière poudre de Blédina : une usine en lutte contre la fermeture

L’annonce a provoqué un choc : l’usine historique de Villefranche-sur-Saône, qui a produit la célèbre poudre pour bébés pendant plus d’un siècle, doit cesser ses activités en 2027. Cette décision, confirmée en novembre, déclenche une résistance des employés, qui ont entamé un mouvement de grève illimité pour éviter l’effondrement d’un symbole industriel local.

Ce jeudi, devant les portes de l’usine, une dizaine de personnes se sont rassemblées dans un climat tendu. Les syndicats, notamment Force ouvrière, dénoncent la fermeture comme une « délocalisation » qui met en péril des centaines d’emplois et accélère la crise économique régionale. Gilles Feltrin, représentant du syndicat, évoque un climat de colère refoulée : « L’annonce a été un coup de massue. Les affiches humoristiques mises en place par les travailleurs ont été retirées par la direction, ce qui a exacerbé les tensions. »

Parmi ces affiches, une image représente un enfant pleurant devant l’usine tandis qu’un autre joue avec des billets près d’une usine Danone en Pologne. « C’était une critique innocente de la délocalisation », souligne Feltrin, qui affirme que Danone n’a pas réagi à ces provocations. Le groupe, quant à lui, justifie sa décision par une baisse de la demande et des coûts de production insoutenables, malgré un investissement de 134 millions d’euros.

Les travailleurs, eux, voient dans cette fermeture un manque d’engagement. « On a fait les efforts demandés, mais la direction n’a jamais voulu réinvestir », déplore Feltrin, qui estime que près de 70 employés refusent toute relocalisation. La grève, initiée le 20 novembre, continue d’être un symbole de résistance face à une économie française en déclin, où les entreprises privilégient la rentabilité au détriment des communautés locales.

Alors que l’usine prévoit de transférer sa production en Pologne, les habitants de Villefranche-sur-Saône se demandent si leur histoire industrielle disparaîtra à jamais. L’odeur de vanille, autrefois emblématique des rues, risque de ne plus être qu’un souvenir.