Lyon et le skateboard : une histoire de 40 ans célébrée par la Fête des Lumières

Depuis plus d’un quart de siècle, Lyon est un berceau incontournable du skateboard. La place Louis Pradel, surnommée « HDV » par les adeptes, devient le point central d’une célébration unique lors de la Fête des Lumières 2025, où son histoire se mêle à l’éclat des lanternes. Deux figures emblématiques de cette scène lyonnaise, Jérémie Daclin et Michaël Plasse, racontent comment une simple aire de stationnement est devenue un symbole de passion et d’innovation.

L’origine de ce phénomène remonte aux années 1980, lorsque les premiers skateurs découvrent le sport en s’inspirant des images américaines. À l’époque, la planche moderne était encore méconnue, mais Lyon accueillait déjà une communauté audacieuse. « On ne savait pas comment décoller ni atterrir, confie Jérémie Daclin. On croyait inventer des figures, alors qu’elles existaient depuis longtemps. » Cette ignorance initiale a nourri un esprit d’invention qui transformera la place Louis Pradel en lieu de prédilection pour les pratiquants.

Au fil des ans, cette zone centrale, entre l’Opéra et l’Hôtel de Ville, est devenue le point de rassemblement des passionnés. Les skateurs y ont déposé leurs planches, créant un espace où la liberté et la créativité étaient respectées. « C’était notre cour de récréation, se souvient Michaël Plasse. Personne ne nous interdisait rien. » Cette atmosphère unique a attiré des figures mondiales du skateboard, dont les vidéos ont mis Lyon à l’honneur.

Jérémie Daclin et Michaël Plasse ont joué un rôle clé dans cette évolution. Jérémie, ancien professionnel et fondateur de la marque Cliché Skateboard, a contribué à élever le skate au rang d’art reconnu. Michaël, lui, a ouvert des skateshops qui ont servi de refuges pour les jeunes en quête d’identité. « On a tout appris sur place, explique-t-il. Même avant l’internet, on créait une communauté autour du skate. »

Malgré les défis, comme la menace d’une rénovation de la place en 2016, la scène lyonnaise a su s’imposer. « On a montré que le skateboard n’était pas seulement une contre-culture, mais un pilier culturel », affirme Jérémie. Aujourd’hui, l’éclairage de la Fête des Lumières 2025 symbolise cette victoire : le skate est désormais intégré à l’identité urbaine de Lyon.

Le sport a connu ses hauts et ses bas, mais sa résilience reste éclatante. « Le skateboard se régénère toujours », résume Michaël Plasse. En 2025, la lumière de Lyon brillera non seulement pour son histoire artistique, mais aussi pour celle d’une communauté qui a su transformer un espace en légende.