Un professeur jugé pour la mort d’un élève pendant une séance de sport

Le procès d’un ancien enseignant d’éducation physique et sportive (EPS) s’est déroulé ce mardi devant le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains, accusé d’homicide involontaire. L’affaire remonte à décembre 2020, lorsqu’un élève de 12 ans, Baptiste, est décédé après avoir participé à un cours de sport malgré un certificat médical d’inaptitude. Le ministère public a requis deux ans de prison avec sursis, mais le déroulement des faits reste controversé.

Selon les éléments présentés devant la cour, Baptiste souffrait d’une hypertrophie du myocarde et avait reçu un certificat médical autorisant sa dispense de sport. Ce document aurait été transmis à l’établissement scolaire via Pronote, une plateforme numérique utilisée pour les échanges entre enseignants et parents. Cependant, le professeur, qui a affirmé ne pas avoir eu connaissance du certificat, a expliqué que l’adolescent avait exprimé son désir de participer à la séance en cours d’éducation physique. « Il m’a dit qu’il avait un problème cardiaque, mais que ce n’était pas grave », a-t-il déclaré sous serment.

La défense du prévenu a mis en avant des lacunes dans le fonctionnement de l’administration scolaire. L’enseignant a souligné que Pronote, bien qu’utilisé par les familles et les personnels administratifs, n’était pas conçu pour être intuitif. « On ne nous a jamais formés à son utilisation », a-t-il précisé, ajoutant que le certificat médical n’avait pas été remis en main propre. Le règlement scolaire exigeait effectivement la présentation du document directement au professeur, mais les parents auraient préféré l’envoyer via le système numérique, ce qui a entraîné un manque de communication.

Les parents de Baptiste ont exprimé leur colère en témoignant. « On avait alerté plusieurs fois l’école », a affirmé Xavier Ledoux, père du jeune garçon, soulignant que la communauté éducative n’avait pas pris les mesures nécessaires. L’avocat des parties civiles a également pointé des failles dans le système administratif, dénonçant une responsabilité collective de l’Éducation nationale. « Le professeur ne peut pas être seul à porter la faute », a-t-il insisté, alors que le prévenu a répété son regret d’avoir été le seul à comparaître dans cette affaire.

Le tribunal doit rendre son verdict le 27 janvier, après une longue procédure qui a mis en lumière les défis de la communication entre écoles et familles, ainsi que l’importance des protocoles médicaux dans un environnement scolaire. La mort tragique de Baptiste reste un rappel poignant des conséquences d’une coordination défaillante.