Au CHU de Clermont-Ferrand, le centre de la douleur expérimente un programme unique en France. Le projet Hypno-Rev permet aux patients souffrant de douleurs chroniques d’apprendre l’hypnose grâce à la réalité virtuelle. On vous explique comment cela fonctionne.
C’est un programme unique en France qui est expérimenté au centre de la douleur du CHU de Clermont-Ferrand : le projet Hypno-Rev propose l’apprentissage de l’autohypnose en réalité virtuelle. C’est la fondation Analgesia qui porte le projet. Créée en 2016, la structure soutient des projets innovants dans le domaine de la recherche sur la douleur. Pour Hypno-Rev, elle s’est associée avec la société Deepsen. Le programme est un dispositif immersif qui permet aux patients de découvrir et pratiquer l’autohypnose grâce à des environnements en images réelles.
Rien à voir avec l’hypnose spectacle que propose Messmer : ici l’hypnose fait partie intégrante du soin. Alice Corteval, directrice de la Fondation Analgesia, explique : “On ne remplace pas les professionnels de santé. Dans le domaine de la douleur, en particulier chronique, l’hypnose est un outil extrêmement puissant pour leurrer le cerveau. Le problème est qu’il y a peu de professionnels de santé formés à l’hypnose.”
Des dizaines d’études cliniques montrent que l’hypnose est pertinente chez les patients souffrant de douleurs chroniques. Ainsi, Hypno-Rev propose un casque de réalité virtuelle. La séance immersive dure entre 20 et 30 minutes. Le parcours d’apprentissage de l’autohypnose sur smartphone, qui suit la séance immersive, nécessite quant à lui plusieurs sessions régulières pour bien intégrer les messages.
Le programme s’adresse aux personnes souffrant de douleurs chroniques. “Il y a des tas de pathologies différentes qui sont source de douleur, une arthrose par exemple, ou une endométriose, mais on travaille sur les répercussions de la douleur, sur la qualité de vie des patients, qu’ils aient une endométriose, une fibromyalgie ou une lombalgie”, précise la directrice de la fondation.
Pour le moment, le projet est au stade expérimental. La prochaine étape sera une étude clinique. À terme, l’objectif est une généralisation à d’autres centres de la douleur et éventuellement à des spécialistes en ville.
D’ores et déjà, les premiers résultats sont là : “Les patients sont très favorables à cet outil, notamment parce qu’il n’y a pas les effets indésirables des médicaments. Il ne faut pas se leurrer, la vraie difficulté des patients douloureux chroniques est que les traitements aujourd’hui disponibles présentent beaucoup d’effets indésirables. Ce sont des médicaments dits psychotropes, et donc qui peut-être diminuent un peu la douleur, mais rendent plus somnolents, diminuent la libido, ont des effets psychoactifs, qui gênent les patients. Tester une solution qui peut leur apporter du soulagement sans aucun effet indésirable est appréciable”. La fondation est en recherche de financements pour porter l’étude clinique. La société qui a codé le programme embarqué dans les casques de réalité virtuelle a développé ce projet sur ses deniers propres.
On compte aujourd’hui en France 270 centres de la douleur. Mais trop peu de professionnels y proposent des séances d’hypnose. Le programme Hypno-Rev, encadré par les médecins Noémie Delage et Célian Bertin au CHU de Clermont-Ferrand, est peut-être un moyen de démocratiser l’accès à l’hypnose.
Un Programme Unique à Clermont-Ferrand : L’Hypnose en Réalité Virtuelle pour les Patients de Douleurs Chroniques