Chasseur alpin mort en Guyane : cinq choses à savoir sur l’opération Harpine

Le caporal Jimmy Gosselin, militaire du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère), a été retrouvé mort ce lundi 3 novembre en Guyane. Le jeune homme de 24 ans était engagé sur l’opération Harpie. Cinq choses à savoir sur cette intervention.
Le caporal Jimmy Gosselin, militaire du 7e bataillon de chasseurs alpin (7e BCA) de Varces (Isère), a été retrouvé mort ce lundi 3 novembre en Guyane, a annoncé le ministère des Armées. Le caporal, âgé de 24 ans, participait à une patrouille réalisant un « franchissement en eaux vives » dans le cadre de l’opération Harpie de lutte contre l’extraction illégale d’or dans le département français d’Amérique du Sud. Au cours de la traversée, le militaire a disparu et « les réactions immédiates de la patrouille n’ont malheureusement pas permis de le localiser », a indiqué le ministère des Armées dans un communiqué.
Menée dès les années 2000, cette opération anciennement baptisée Anaconda vise à lutter contre l’extraction d’or clandestine en Guyane française. Le département, qui représente un sixième de la superficie de la France métropolitaine, est composé de 94 % de forêt équatoriale, un terrain convoité pour ses nombreuses richesses minières. Les premiers gisements aurifères y sont découverts au XIXe siècle. Depuis, la Guyane fait l’objet d’une véritable ruée vers l’or. Des travailleurs illégaux (les « garimpeiros », souvent originaires du Brésil ou du Suriname) procèdent à l’orpaillage dans des conditions très précaires et violentes.
Alors que le cours de l’or explose, des organisations criminelles se structurent et font concurrence aux sites légaux. Ces organisations « alimentent les règlements de compte et la délinquance, aussi bien en forêt que sur le littoral », indique le ministère de l’Intérieur. Sans aucun cadre réglementaire, les organisations criminelles provoquent d’importants dégâts sur la faune et la flore guyanaise. Elles utilisent notamment du mercure afin d’agglomérer l’or qu’elles trouvent dans les gisements. Le procédé entraîne d’importantes pollutions des sols et des eaux.
Cela « met en danger la santé de la population guyanaise et notamment celle des nombreux peuples autochtones vivant aux abords des fleuves et rivières du territoire, pour qui la pêche constitue souvent la base de l’alimentation », indique le ministère de l’Intérieur. Le mercure est toxique, même à faible dose. Chez les enfants, il peut provoquer des retards de croissance et des problèmes de développement psychomoteur.
L’opération Harpie est lancée en 2008 par le président Nicolas Sarkozy. Elle concerne les 2 100 militaires qui composent les Forces armées en Guyane. Celles-ci sont chargées de démanteler les sites d’exploitation d’or illégaux au travers de nombreuses patrouilles, de contrôles d’identité des exploitants d’or, de saisies et de destructions des outils des orpailleurs illégaux. Selon le ministère de l’Intérieur, les résultats de l’opération Harpie sont « probants » : « La mission Harpie présente des résultats sur le long terme. Alors qu’il y avait 600 chantiers (sites illégaux, NDLR) avant 2010, aujourd’hui, il n’y en a plus que 300. Le chiffre est stable depuis trois ans. »
Près de 1 000 missions de lutte contre l’orpaillage illégal sont menées tous les ans. Depuis sa mise en place, l’opération Harpie a subi plusieurs pertes. En une quinzaine d’années, 13 militaires ont perdu la vie en Guyane. Le dernier en date a été le sergent Maxence Roger, du 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (3e RPIMa) de Carcassonne. Le militaire âgé de 27 ans est décédé dans la nuit du 18 au 19 mai dernier alors qu’il était déployé sur le poste fluvial de Saut-Maman-Valentin, au nord-ouest de la Guyane. Son corps a été retrouvé en eaux vives après des recherches. Selon le parquet de Cayenne, il participait à un moment de cohésion avec ses camarades militaires lorsqu’il a disparu.