Le 20 avril 2025, le match entre l’ASSE et l’OL a été interrompu après qu’un arbitre assistant ait été blessé à la tête par une pièce de monnaie. Mardi 4 novembre, deux supporters ont été condamnés à sept mois de prison avec sursis et trois ans d’interdiction de stade.
Deux supporters de l’ASSE étaient devant la justice mardi 4 novembre 2025. Accusés d’avoir jeté des pièces sur l’arbitre assistant Mehdi Rahmouni lors du derby entre l’ASSE et l’OL le 20 avril, ils ont écopé de sept mois de prison avec sursis et trois ans d’interdiction de stade. Ils devront également verser 2 500 euros de dommages et intérêts à l’arbitre. Les deux hommes comparaissaient devant le tribunal de Saint-Étienne (Loire) pour un jet de projectile sur une personne chargée d’une mission de service public avec une arme par destination.
Il est un peu plus de 21h30 le 20 avril 2025, et l’ASSE, proche de la dernière place du classement de Ligue 1, mène 1-0 face à l’OL. L’ambiance est tendue, mais euphorique dans le Chaudron. D’un coup, quelques minutes avant la mi-temps, le match est interrompu : l’arbitre assistant, Mehdi Rahmouni vient de recevoir un projectile à l’arrière de la tête et est blessé. Durant 45 longues minutes, la possibilité d’une reprise du match est spécialement compromise. La décision revient alors a l’arbitre qui accepte le retour des joueurs sur le terrain.
Le match est finalement remporté 2-1 par les Verts, mais à la sortie du stade, deux hommes sont interpellés, et accusés d’avoir jeté des pièces de monnaies sur l’arbitre.
L’enquête qui s’est ensuivie « aurait dû être plus poussée », selon l’avocat d’un des deux hommes, Me Julien Rey. De plus, selon ce dernier, l’instruction a été impactée par un « enjeu colossal » (celui de points essentiels pour un potentiel maintien de l’ASSE en ligue 1, ndlr).
Les deux avocats plaidaient la relaxe de leurs clients, assurant qu’il n’était pas évident que ce soient leurs projectiles qui aient blessé l’arbitre. « On ne me fera pas croire que sur 41 000 personnes il n’y a eu que deux supporters qui ont jeté des objets », martèle Me Laure Salomon, avocat du second prévenu. » Ils ont lancé quelque chose c’est vrai, mais de nombreuses choses ont été lancées ce soir-là », complète Me Rey.
Mehdi Rahmouni et son conseil étaient également présents à l’audience. » Il fallait que le tribunal comprenne que mon client avait été touché dans sa chair », affirme Me Jérôme Pouillaude. » C’est un arbitre de Ligue 1, qui travaille également à l’international et il n’avait jamais été touché par un projectile dans le cadre de son activité », déplore l’avocat.
Selon le conseil, il est indéniable que la violence sur le corps arbitral ne cesse de se développer dans le football. » Il y a une banalisation de la violence à l’encontre des arbitres », assène-t-il. Même si le jugement n’avait pas pour but de servir d’exemple, « Il fallait que les supporters sachent ce qu’ils encourent s’ils leur prenaient l’idée folle de commettre des violences sur un arbitre de football », assure Me Pouillaude au micro de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Les deux hommes ont donc finalement été condamnés à sept mois de prison avec sursis et trois ans d’interdiction de stade. » Une peine acceptable, sévère mais pas excessive », selon Me Julien Rey. L’avocat affirme que son client est aujourd’hui « dégoûté » de son geste et qu’il ne souhaite plus retourner dans un stade. À l’issue de l’audience les deux hommes se sont excusés auprès de Mehdi Rahmoudi. Ces excuses ont été acceptées par l’arbitre.
Title: La violence banale dans le football français : Deux supporters condamnés pour avoir jeté des pièces sur un arbitre
Texte de l’article : Claire Exbrayat et Amandine Poncet