Près de 15 % du personnel de l’éducation se disent victimes de moqueries ou d’insultes, selon une enquête de l’éducation nationale parue en juillet. Les enseignants sont confrontés à des tensions croissantes avec les élèves et leurs familles, ce qui complique la situation. Le centre ReSIS a organisé des ateliers pour aider le personnel à gérer ces problèmes. Les enquêtes récentes montrent une dégradation du climat scolaire et une montée des violences, avec certains participants parlant de « violence du métier ». Les réseaux sociaux peuvent exacerber des situations, comme le souligne une professeure des écoles : « Enseigner en paix, c’est un peu le graal ».
Cécile Aubertin avoue sans ambages : « Je me suis trompée dans les grandes largeurs. » La principale d’un collège de l’académie de Nancy-Metz a été confrontée à une classe difficile il y un an, où plusieurs élèves perturbaient sans cesse les cours et rivalisaient d’insultes et d’insolence sans qu’aucun enseignant ne parvienne à les mettre au travail. La cheffe d’établissement décide alors d’une visite surprise dans la classe pour impressionner les collégiens. Elle convoque solennellement devant toute la classe les élèves incriminés dans son bureau. Mais cette démonstration autoritaire « n’a pas eu l’effet escompté », raconte-t-elle aujourd’hui avec le sourire : « Les élèves l’ont vécu comme une humiliation, comme un défi, et le désordre a redoublé. » […]
Les conflits croissants avec les familles, qui ressortent de toutes les discussions, compliquent la donne. Il y a ce parent qui vient exprimer sa colère en s’approchant à quelques centimètres du visage de la cheffe d’établissement ou cette famille qui, mécontente d’une remarque de la professeure des écoles, se répand sur le groupe WhatsApp de la classe et ligue les parents contre l’enseignante. « Tout peut être mal interprété et sujet à rumeurs. Les parents croient sur parole leurs enfants, s’appellent entre eux. »