Le marché du Cantal se rétablit après 15 jours de fermeture, mais les éleveurs subissent des pertes.
Après 15 jours d’interdiction de l’exportation d’animaux, le marché de Mauriac (Cantal) est complètement comble. Éleveurs, négociants et curieux se pressent pour observer la tendance des cours. « On perd de l’argent », déclare Jean-François, éleveur de bovins allaitants. « Des mâles Salers ont perdu au moins 40 centimes, encore je suis gentil. Les mâles croisés, c’est pareil. Certains se sont maintenus mais globalement ça a baissé. » « Il faut attendre 15 jours ou 3 semaines pour voir ce que ça va donner », préconise Gilbert, agriculteur à la retraite. « On verra sur les marchés si les cours vont remonter. Ce serait déjà bien. Ce serait un bon espoir pour nous. »
C’est la suspension des exports de bovins, pour éviter la propagation de la Dermatose Nodulaire Contagieuse, qui entraîne aujourd’hui la baisse des cours. Beaucoup d’animaux se retrouvent sur le marché. Certains éleveurs estiment perdre jusqu’à 300€ par animal vendu. « C’est l’incompréhension car on se fait fermer les marchés pendant 15 jours, ce qui ne correspond même pas à la période d’incubation de la maladie. Pourquoi 15 jours et pas 3 semaines ? C’est sûr que la baisse est minime par rapport à ce qui peut encore se passer ! La gestion de la crise, c’est la débandade complète », s’indigne Pierre, éleveur de bovins allaitants.
En blouse noire, les acheteurs tempèrent la baisse des cours dans un contexte, expliquent-ils, où la DNC effraie l’Europe. Jean-Paul Boyer, négociant en bovins, tempère : « J’estime que vu la situation sanitaire, ça aurait pu être bien plus catastrophique. Nos partenaires européens sont un peu plus frileux depuis quelques jours, depuis la fermeture et les risques de propagation. Psychologiquement, les Espagnols ne sont pas très enclins à acheter des animaux. Ils ont peur. » Une situation périlleuse pour le Cantal, plus gros producteur de broutards en Auvergne-Rhône-Alpes. L’année dernière, 95 000 animaux cantaliens ont pris le chemin de l’export.
-Article rédigé à partir du reportage de Laetitia Théodore et Lydie Ribes pour France 3 Auvergne