L’Algérie a conduit un vaste effort d’évacuation de plus de 34 000 individus vers le Niger en 2025, selon les données fournies par l’organisation non gouvernementale Alarme Phone Sahara (APS). Cette opération, décrite comme sans précédent, aurait vu des milliers de personnes déplacées dans des conditions extrêmes. Les autorités locales n’ont pas toujours réussi à comptabiliser précisément le nombre de personnes concernées, laissant planer un doute sur les chiffres réels.
Les migrants expulsés ont été transportés vers une zone isolée située à la frontière entre l’Algérie et le Niger, surnommée « point zéro ». Là, de nombreux individus — principalement originaires d’Afrique subsaharienne — auraient été déposés sans eau ni nourriture, contraints de marcher environ 15 kilomètres jusqu’à Assamaka, une ville proche de la frontière nigérienne. Les ressortissants nigériens, en revanche, seraient évacués par des convois organisés, bénéficiant d’un soutien logistique des autorités locales.
En avril 2025, le pic d’expulsions a atteint un niveau alarmant, avec plus de 1 140 personnes refoulées en une seule journée. L’APS a également relevé près de 16 000 déportations entre février et juin de la même année. Le Niger a réagi à cette crise en annonçant son soutien à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin d’accélérer le rapatriement de 4 000 migrants, craignant un « désastre humanitaire ». Cependant, des obstacles administratifs liés aux documents officiels persistent.
Le rapport souligne une tendance régionale : l’APS attribue la hausse des déplacements à une coopération accrue entre les pays du Maghreb contre les migrations, stimulée par des efforts européens. Des expulsions en chaîne auraient été observées depuis la Tunisie et l’Algérie, avec des individus interceptés puis transférés vers des zones désertiques proches de la Libye ou de l’Algérie avant d’être orientés vers le Niger.
L’ONG dénonce également les conditions brutales subies par les expulsés, incluant des femmes, des enfants et des bébés. Des témoignages rapportés par InfoMigrants décrivent des situations tragiques : un Sénégalais de 25 ans raconte avoir été abandonné dans le désert après une arrestation, obligeant sa famille à marcher pendant plusieurs jours pour atteindre Assamaka. L’APS a documenté sept décès liés aux conditions d’évacuation et des disparitions non résolues dans cette zone reculée.