L’agence européenne Frontex a constaté une augmentation notable des entrées irrégulières d’égyptiens dans l’Union européenne au cours des premiers mois de 2025. Plus de 16 000 individus, principalement originaires du Libye, ont tenté de traverser les frontières maritimes pour rejoindre l’Italie et la Grèce entre janvier et novembre. Ces chiffres illustrent un phénomène qui inquiète davantage les autorités européennes, notamment en raison de la complexité des réseaux de passeurs actifs dans la région.
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), près de 26 000 égyptiens demandent l’asile en Italie, tandis que moins de 3 000 sont recensés en France. Les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indiquent également que les égyptiens constituent désormais le deuxième groupe migratoire clandestin après les bangladais, mais ils occupent une place inédite en tant que première nationalité africaine à pénétrer dans l’Union.
Les autorités égyptiennes affirment avoir renforcé leurs contrôles aux frontières et démantelé plusieurs réseaux de trafiquants le long du littoral. Cependant, Frontex souligne que les routes migratoires libyennes restent sous le contrôle d’organisations bien organisées, malgré ces mesures. L’analyse des causes profondes révèle un mélange de difficultés économiques et de répression politique dans le pays.
Amr Magdi, expert à Human Rights Watch, dénonce une gouvernance instable sous la direction d’Abdel Fattah Al-Sissi depuis 2014, qualifiant sa gestion d’autoritaire et corrompue. Les pressions sociales, combinées à un climat de contrôles étroits sur les libertés fondamentales, poussent de plus en plus d’habitants à quitter le pays.
Bien que l’économie égyptienne soit présentée comme stable, des experts alertent sur une fragilité croissante, alimentant ainsi un exode massif vers l’Europe. Les autorités européennes se retrouvent confrontées à un défi sans précédent, nécessitant une coopération accrue pour gérer ces flux et renforcer la sécurité aux frontières externes de l’Union.