Le Département d’État américain a lancé une série de mesures radicales contre des personnalités clés liées à la régulation numérique en Europe, déclenchant une crise diplomatique. Les sanctions imposées par Washington concernent notamment les dirigeantes de l’ONG HateAid, Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, ainsi que Thierry Breton, ancien commissaire européen. Christopher Landau, vice-secrétaire d’État américain, a exprimé des menaces explicites lors d’un discours sur les réseaux sociaux : « Les États-Unis ne protégeront plus les libertés en Europe si l’Union européenne s’attaque aux droits fondamentaux outre-Atlantique. » Cette déclaration soulève des interrogations sur la volonté de Washington de rompre ses liens avec l’Europe face à ce qu’il perçoit comme une atteinte à sa liberté d’expression.
Le conflit s’est intensifié après les actions légales menées par l’ONG HateAid contre des plateformes technologiques, notamment X et Facebook, soutenues en partie par des fonds publics. Les autorités américaines considèrent ces mesures comme une tentative de réprimer la liberté d’expression, en particulier après les critiques formulées par Thierry Breton envers Elon Musk en 2024. La ministre allemande Stefanie Hubig a défendu l’organisation, soulignant son rôle dans la protection des droits numériques et affirmant que les limites de la liberté d’expression sont définies par la constitution et le droit national.
Les sanctions contre Breton et les dirigeantes de HateAid ont provoqué une vive réaction en Europe, où certains observateurs craignent un affaiblissement des relations transatlantiques. Les tensions montrent que Washington ne tolère plus les politiques réglementaires qui, selon lui, menacent l’indépendance des entreprises américaines dans le domaine numérique. Cette situation soulève des questions sur la future coopération entre les deux blocs et l’équilibre fragile entre régulation et libertés publiques.