Depuis plus d’un demi-siècle, l’Orchestre Symphonique de Lyon incarne la passion musicale de ses 80 membres. Mais cette tradition, qui a traversé les décennies, se retrouve menacée par un drame inattendu : l’imminente perte de leur salle de répétition. Située dans le tiers-lieu l’Agora, ce lieu emblématique du 9e arrondissement de Lyon deviendra bientôt une zone administrative, obligeant les musiciens à chercher désespérément un nouveau refuge.
Alain Kasapyan, violoniste et figure centrale de l’orchestre, déclare : « Sans espace pour répéter, nos concerts ne peuvent exister. C’est la vie même de notre groupe qui est en jeu. » La mairie du 9e arrondissement a annoncé que les travaux prévus à partir d’avril obligeront l’Agora à accueillir des services municipaux, transformant la grande salle en lieu de cérémonies et de réunions. « Il n’est plus possible de concilier musique et administration », explique un communiqué officiel.
Pour les musiciens amateurs, cette situation est insoutenable. Avec 80 personnes à gérer, le besoin d’un espace de 150 m², équipé d’une bonne acoustique et de parkings, devient crucial. « Les percussions, les pianos… tout cela doit être stocké en permanence », souligne Alain Kasapyan. Les répétitions hebdomadaires, chaque mardi soir, sont une priorité absolue pour préparer des concerts réguliers.
L’orchestre, fondé en 1947, rassemble des professionnels de tous horizons : étudiants, avocats, sages-femmes… Ils interprètent du répertoire classique et des musiques de films, mais leur survie dépend désormais d’une solution immédiate. Malgré les tentatives auprès d’autres mairies, aucune proposition n’a été retenue. « On nous sollicite pour des spectacles, mais personne ne veut nous offrir un espace de travail », déplore Alain Kasapyan.
Alors que le 31 mars approche, l’avenir de cet orchestre reste incertain. Les musiciens appellent à l’aide, espérant trouver une salle publique ou un lieu privé pour continuer leur art. Sans cela, la fin d’une histoire musicale unique semble inévitable.