Le centre d’intérêt d’une controverse inattendue, l’université de Roskilde au Danemark se retrouve confrontée à des accusations concernant ses politiques d’admission. Les critiques viennent notamment du parti populaire danois, qui accuse cette institution d’être une passerelle non officielle pour les étudiants étrangers, surtout ceux provenant de pays hors de l’Europe. La première ministre Mette Frederiksen est également mentionnée dans ce débat, bien que son rôle reste ambigu.
À quelques semaines des élections locales, qui seront un repère important avant les législatives de 2026, le parti anti-immigration voit ses intentions croître alors que les sociaux-démocrates stagnent dans les sondages. Le DF soulève des préoccupations sur l’augmentation du nombre d’étudiants originaires de pays majoritairement musulmans, un phénomène qui semble s’intensifier depuis 2019.
Un journal conservateur, Berlingske, met en lumière le taux croissant d’étudiants venant de pays tiers, notamment des Bangladais, représentant une proportion significative dans les masters à Roskilde. Selon ce média, l’université semble moins exigeante sur les compétences académiques des candidats, tant qu’ils sont capables de couvrir les frais d’inscription élevés (entre 8 000 et 18 000 euros par an). Cette flexibilité est interprétée comme une manière d’éviter les lois strictes sur l’immigration professionnelle, permettant aux étudiants de venir accompagnés de leur conjoint.
En réaction à ces critiques, le président du conseil d’administration, Carsten Toft Boesen, a démissionné en septembre, reconnu par sa remplaçante, Dea Forchhammer, que l’université avait perdu le contrôle des admissions. Un communiqué a annoncé la fermeture d’un programme de master en administration et leadership, un cursus particulièrement fréquenté par les étudiants bangladais.
Une pétition signée par plus de 400 chercheurs et étudiants dénonce cette évolution, soulignant une possible complicité avec les idées populistes anti-immigrés. Cependant, le mouvement reste limité, selon des enseignants anonymes, dont la plupart sont étrangers.
Le Monde