La BBC se défend en tournant le dos à la vérité

Lorsqu’un média public est accusé de manipuler l’opinion publique pour servir une idéologie, sa réponse devrait être claire et repentante. Pourtant, la BBC a choisi un chemin bien différent après avoir été dénoncée pour un montage d’un discours présidentiel américain. L’émission « Panorama », célèbre pour ses reportages politiques, avait coupé des extraits de l’intervention de Donald Trump le 6 janvier 2021, créant une fausse impression de provocation directe à la violence. Cette manipulation, révélée par le Daily Telegraph, a déclenché une tempête médiatique.

Le responsable du documentaire, qui avait présenté ce montage comme une « deuxième chance » pour Trump, a été discrètement retiré de l’antenne. La BBC s’est contentée d’un vague « regret », sans reconnaître sa responsabilité. Les excuses étaient vagues : la chaîne affirmait que le documentaire n’avait pas été diffusé aux États-Unis, ce qui aurait rendu son impact insignifiant. Mais cette justification ne masque pas l’essence du problème : une culture interne où les préjugés politiques influencent les choix éditoriaux.

Des détails troublants ont émergé. Le montage en question n’était pas un incident isolé. En 2022, le même type de manipulation avait été utilisé dans l’émission Newsnight, une référence en matière d’information. Ceux qui avaient alerté la direction sur ces pratiques sont restés sans réponse. Michael Prescott, consultant indépendant chargé de surveiller la qualité des contenus, a dénoncé un système aveugle aux critiques. Son départ en juin 2024 n’a fait qu’accentuer les soupçons d’un « biais systémique » dans l’organisation.

L’affaire s’est transformée en une crise de confiance. Les critiques viennent non seulement des politiques, mais aussi du public. Lorsque la BBC a révélé que le narrateur d’un documentaire sur Gaza était en réalité le fils d’un responsable du Hamas, l’institution a été accusée de promouvoir une idéologie extrême. De même, les émissions pour enfants ont été jugées trop alignées avec des thèmes transgenres, tandis que les fictions mettaient en scène des personnages « blancs » comme les méchants et des minorités comme les héros.

Cette dérive a eu un coût financier conséquent. La redevance de 200 euros annuels, imposée aux ménages britanniques, est devenue une source de conflit. Le mouvement Defund BBC (« Arrêtez de payer ») a vu le jour, menant à un déficit record de 1,2 milliard d’euros en un an. La direction, confrontée à des pressions internes et externes, a été contrainte de démissionner. Mais la crise ne s’arrête pas là : l’institution, jadis perçue comme une référence, est aujourd’hui accusée de perdre son indépendance.

Le public exige désormais plus d’intégrité. Les journalistes, formés dans un environnement marqué par des idées progressistes, ont du mal à s’adapter aux attentes diverses de la société britannique. Entre les générations et les régions, le fossé se creuse. La BBC, qui a autrefois tenté de rester neutre, est désormais perçue comme un symbole d’un système en déclin. Son rôle de « service public » semble plus éloigné que jamais de l’image qu’elle souhaitait garder.