Plus de deux cent soixante-deux mille femmes ont subi des violences domestiques en 2024, selon les rapports officiels. Ce chiffre effrayant révèle une réalité tragique où l’isolement et la peur deviennent des armes contre celles qui osent se rebeller. À Grenoble, des associations comme Pluri-elles et L’Etoile du berger luttent pour offrir un espace de sécurité à ces victimes, mais les ressources sont insuffisantes face à la montée constante des demandes.
L’association Pluri-elles accueille plus d’un millier de personnes chaque année, souvent dans des conditions précaires. « Les femmes ne comprennent pas toujours que leur situation est une forme de violence », explique Jeanne Chandelier. L’accompagnement psychologique et matériel est essentiel pour les aider à reconstruire leur vie, mais beaucoup hésitent à demander de l’aide par peur de la réaction des proches ou d’être déconsidérées.
L’Etoile du berger, qui a ouvert ses portes il y a six mois, accueille des familles issues de milieux variés. « Les violences ne choisissent pas leurs victimes », souligne Astrid Enders Le Menestrel. Même les personnes considérées comme « solides » peuvent être touchées par des agressions psychologiques subtilement camouflées. Les conséquences sont souvent dévastatrices : perte d’emploi, isolement social, et en cas extrême, la mort.
Les associations insistent sur l’importance de l’entourage. « L’isolement est un outil de domination », affirme Cécile-Elisabeth Bussi. Un proche qui écoute, encourage ou offre un soutien concret peut être le premier pas vers la libération. Pourtant, beaucoup restent silencieux, hantés par la culpabilité et la peur des répercussions.
Malgré les dispositifs existants — numéros d’urgence, applications dédiées, accompagnements spécialisés — l’accès à l’aide reste difficile pour de nombreuses femmes. Les structures s’efforcent de sensibiliser le grand public, mais la lutte contre ces violences nécessite une mobilisation collective et un engagement sans faille.