Depuis le 14 novembre jusqu’au 19 décembre, Frédéric Chiola expose les paysages et portraits de la Savoie à la Maison de l’avocat de Chambéry. Des photos particulières imprimées grâce à un procédé rarissime en France : le tirage au charbon.
Comme des pages d’un journal, Frédéric Chiola feuillette ses photos. Ancien journaliste, c’est sur son temps libre qu’il a développé sa passion pour la photographie. Son terrain de prédilection ? La Savoie avec ses magnifiques paysages et ses portraits intimes. « Quand le contact et la relation sont bons, on s’intéresse à la personne en face de nous et ça se retrouve après dans l’image. J’aime beaucoup les portraits », explique l’artiste.
Pour réaliser ses photos, Frédéric Chiola utilise un procédé rarissime : le tirage au charbon. Une technique datant du XIXe siècle qu’une dizaine de photographes seulement utiliseraient en France. Afin de toucher du doigt cette méthode d’impression, nous l’avons suivi dans son atelier. Sur une feuille très résistante, il pose une épaisseur de gélatine. Avec l’exposition à la lumière, la photo s’imprime à l’intérieur, offrant un grain et un relief très singulier.
Un véritable travail artisanal, qui exige du photographe rigueur et patience. « C’est compliqué, il y a les temps de séchage. On se retrouve avec des tirages qui prennent, si on met tout bout à bout, jusqu’à trois à quatre jours pour sortir une photo. Mais le résultat est très particulier, c’est-à-dire qu’on a une impression visuelle pour une photo qui se rapproche de celle qu’on a pour de la lithographie voire du dessin et parfois de l’aquarelle », détaille le photographe.
Journaliste à la retraite, Frédéric Chiola a travaillé pendant 35 ans comme chroniqueur judiciaire pour Le Dauphiné Libéré. Au palais de justice de Chambéry, il a couvert une grande partie des procès de cette période. Comme un symbole, c’est donc tout naturellement qu’il a choisi la Maison de l’avocat de Chambéry pour exposer son nouveau travail. « J’ai plus appris sur les êtres humains et sur la vie avec mes semblables en 30 ans de tribunal que si j’avais fait 20 fois le tour du monde. C’est une fenêtre ouverte sur la vie, sur la société et sur l’être humain qui est phénoménale », raconte-t-il.
Pour développer sa passion et son art, le photographe ambitionne d’imprimer ses prochaines photos sur du papier de verre. De nouvelles photographies qui viendront enrichir ses expositions, visibles jusqu’au 19 décembre.
Un procédé rare à Chambéry : Le tirage au charbon en danger