Un employé de l’usine Teisseire de Crolles (Isère), dont la fermeture a été annoncée mi-octobre, a sorti une chanson de soutien aux 205 employés menacés de licenciement. Une manière, selon lui, de se rassembler dans ces moments difficiles. En à peine quatre jours, la vidéo compte plusieurs milliers de vues sur YouTube. Ce vendredi 31 octobre, un salarié de l’usine Teisseire de Crolles a dévoilé une chanson pour s’opposer à la fermeture annoncée du site historique du fabricant de sirops. La musique, qui pourrait bientôt être accompagnée d’un clip, a largement été diffusée ces dernières heures sur les réseaux sociaux. Elle s’est naturellement invitée sur le piquet de grève installé devant les portes du site de Crolles. Les paroles sont même reprises par les salariés sur place.
« Le sirop coule, mais pas nos larmes. On garde le poing, on garde les armes. Teisseire s’effondre, mais pas nos voix. Le sucre du peuple, lui il fond pas. Le sirop coule, mais reste amer, quand le patron joue l’actionnaire », peut-on entendre pendant le refrain.
Eddy Bebronne, 30 ans, est à l’origine de cette chanson dont il a écrit les paroles. Puis, il s’est aidé de l’intelligence artificielle pour générer la musique et les images. Ce mardi, il est arrivé sous les applaudissements des grévistes : « Ça fait plaisir, ça fait chaud au coeur. Je ne me attendais pas à ça, je ne pensais pas que ça allait prendre autant d’ampleur parce que ça reste très local », concède ce technicien de maintenance à Teisseire.
Pour lui, ce succès est inattendu : « J’ai commencé à chanter entre amis, pour de la famille, pour des anniversaires, des événements. Puis, je me suis dit pourquoi ne pas faire une chanson pour le mouvement. Ça pourrait nous aider à nous réunir », raconte-t-il.
« Ce sont les paroles qu’il fallait, elles parlent de l’entreprise », raconte Joseph, un des salariés. « C’est formidable ce que tu fais. Ne t’arrêtes pas là, continue de chanter », ajoute un autre collègue. Pour Eddy Bebronne, cette chanson a permis de rassembler tous les employés : « La musique nous rassemble. C’est une bonne chose. J’ai même des retours de personnes extérieures à l’entreprise. »
Il aimerait désormais que ces paroles incitent les derniers salariés à rejoindre le mouvement social : « J’essaie de porter ma pierre à l’édifice. Je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais c’est ma manière d’aider le mouvement. (…) On est tous impacté, on est tous concerné. Il faudrait que tous les autres salariés nous rejoignent car il n’y en aura pas un d’épargné. »
Mi-octobre, le leader français du sirop a annoncé la fermeture de son usine historique de Crolles, près de Grenoble. Au total, 205 salariés se retrouvent menacés de licenciement. La direction a fait état d’une « situation économique difficile » pour justifier cette réorganisation. Une « injustice » pour les salariés qui dénoncent une « situation orchestrée » par leur propriétaire, le groupe danois Carlsberg.
Les négociations du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont démarré fin-octobre, entre la direction et les représentants des salariés.