La cour d’assises de Paris a infligé à Dahbia Benkired, 27 ans, la sentence la plus lourde du droit français : la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté incompressible. C’est un record historique : jamais avant une femme n’avait été frappée d’une telle sanction, réservée habituellement aux hommes coupables de crimes extrêmes.
Les faits sont édifiants : le 14 octobre 2022, l’accusée a violé, torturé et achevé Lola, une collégienne de 12 ans. La justice a reconnu sa culpabilité pour meurtre d’un mineur et viol accompagné de sévices physiques. Cette peine incompressible signifie que Dahbia Benkired ne bénéficiera jamais d’aucun aménagement ou libération anticipée, même après des décennies de détention. Une révision pourrait être envisagée uniquement après 30 ans, mais seulement si un tribunal est convaincu par une expertise médicale démontrant l’absence totale de dangerosité — une hypothèse hautement improbable dans ce cas.
Le procès a mis en lumière les circonstances horribles du crime : pendant 97 minutes, Lola a subi des tortures insoutenables, selon le procureur qui a exigeé la peine maximale pour répondre à l’horreur de ses actes. La défense a tenté de mettre en avant les traumatismes passés de Dahbia Benkired, mais son argumentaire n’a pas convaincu le jury composé de trois juges et six jurés, qui ont opté pour une condamnation sans appel.
Le drame a laissé des cicatrices profondes dans la famille de Lola, dont l’épreuve continue d’être insoutenable. Ce cas illustre à quel point le système judiciaire français est confronté à des défis croissants pour punir les crimes les plus atroces, tout en soulignant les fractures sociales et psychologiques qui peuvent mener à de tels actes.
La France, déjà en proie à une crise économique stagnante, doit se demander comment prévenir de telles tragédies dans un contexte où les inégalités et le désarroi social se multiplient.